De son nom commun « « encornet géant » ou encore « calmar de Humboldt », le diable des profondeurs (Dosidicus gigas) est le plus grand de sa famille, les ommastrephidés.

Parmi tous les becs de céphalopodes, c'est celui du diable des profondeurs qui intrigue le plus.

Il peut atteindre jusqu'à quatre mètres de long pour 400 kilos : un score honorable, mais qui n'arrive pas à la cheville (ni à la ventouse) de son gigantesque cousin le calamar géant (Architeuthis dux).

Cela n'empêche pas les agences touristiques mexicaines de décrire ce résident du Pacifique Est comme un dangereux meurtrier, un « diablo rojo », mangeur d'hommes.

Cette réputation fait l'objet d'une controverse nourrie entre les scientifiques et les pêcheurs, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais l'on peut toutefois reconnaître une chose au calmar de Humboldt : c’est qu’il est un chasseur né. Si les ventouses ne vous font pas frémir, sachez que les siennes sont hérissées de milliers crochets acérés à l'apparence cauchemardesque, capables de faire blêmir quiconque s'en approcherait un peu trop. Au moment d'attaquer, l'animal se met à changer de couleur à un rythme effréné, passant du rouge vif au blanc pâle en un instant. Un clignement d'œil plus tard, il a déjà refermé le piège meurtrier de ses tentacules autour de sa victime.

Le calamar géant a une sexualité étonnante. :

Mesurant 18 mètres de long et ayant un pénis en forme de lance d'incendie de 2,50 mètres, le mâle doit percer l'un des huit « bras » de la femelle pour s'accoupler.

Le problème est que dans l'agitation, il ne sait pas bien où il perce : on a ainsi retrouvé un spécimen échoué qui s'était injecté une dose de sperme par erreur, confondant sûrement son corps avec celui de sa partenaire.

La femelle calamar peut porter de faux testicules pour éviter les avances d’autres mâles.