Dans la rhétorique classique des gestes, aussi bien celle de l'acteur que du peintre, étendre l'index de la main droite en direction de quelqu'un ou de quelque chose est la manière silencieuse la plus claire et solennelle d'attirer sur cette personne, cet objet l’attention, réprobatrice ou non du spectateur.

C'est en ce sens que l'église de Rome a créé au 16e siècle une congrégation de « l'index » chargé de « montrer du doigt » les livres hérétiques, ce que l'on appelle depuis « mettre à l'index ».

De tous les doigts, l'index et le plus riche en signification celui qui montre sans équivoque possible ce qui est à voir.

Saint Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, montre de l'index tendu le Christ en train de venir, et prononce « voici l’agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde ».

Dans la politesse classique ce geste de désignation publique est vivement proscrit comme insolent et blessant.

Dans la langue courante l'expression « montrer du doigt » s'est spécialisée dans un sens d'opprobre, de moquerie.

Au figuré il peut prendre un sens positif : montrer du doigt une difficulté d'abord inaperçue, ou un sens péjoratif : montrer du doigt le réprouvé, le ridicule.

Dans la conduite courante, le fait de montrer du doigt sous n'importe quel prétexte est considéré à juste titre comme une faute de civilité.