« Le plus étrange, c’est qu’au milieu des bergeries elle imite le langage humain, retenant le nom d’un individu, quelle fait sortir ainsi et déchire. » Pline l’Ancien
Lâche, sournoise, féroce, repoussante, gloutonne, laide, cruelle, puante, immonde, vicieuse, hideuse... Voilà une métaphore univoque et aucun poète pour la sauver du dégoût où l’a confinée l’imaginaire occidental.
« L’hyène prête à vous mordre la figure la nuit pendant que vous dormez, au ricanement sinistre, qui traîne derrière les camps, puante, ignoble...» selon Hemingway, en amoureux de l’Afrique, aimait les abattre à la carabine depuis sa tente.
Pour certains, elle ne vaut même pas une balle et « la seule mort qu’elle mérite est d’être lapidée par les femmes et les enfants du douar ».
On a pu croire que cette espèce était hermaphrodite (Hemingway l’affirme).
On persiste à la considérer comme un charognard : il n’en est rien.
Les hyènes ne dédaignent pas les cadavres mais chassent aussi très bien et si on peine à distinguer le mâle de la femelle, c’est que celle-ci est dotée d’un organe externe semblable à un pénis, qui est en fait un clitoris. Ce clitoris, le plus grand du règne animal, se rétracte partiellement pour permettre la copulation. Cette particularité anatomique, en empêchant le coït forcé, fait de l’hyène une espèce assez savante.
Les biologistes, qui ont de la suite dans les idées, tentent maintenant d’établir un lien entre la singularité offerte par cet organe « péniforme » et la structure matrilinéaire des clans de hyènes. Les recherches sont en cours.