Maurice Ravel est mort à soixante-deux ans le 28 décembre 1937, sans que de toute sa vie on ne lui ait jamais connu la moindre liaison féminine, ni masculine d'ailleurs.

Pas de femme ni d'enfant, une seule passion : la musique.

Faute d'héritier en ligne directe, c'est Edouard, le frère aîné de Maurice, qui devint le légataire de toute sa fortune et de ses droits d'auteur.

En 1954, sur la route de Lourdes, Edouard et sa femme sont victimes d'un accident de la route qui entraînera pour eux plusieurs années de soins de rééducation.

Le couple va engager une masseuse, Jeanne Taverne, qui s'installera à demeure dans la belle villa de Saint-Jean-de-Luz qui fut celle de Maurice Ravel. Son mari, Alexandre Taverne, anciennement cafetier et coiffeur, viendra l'y rejoindre. Lorsque Mme Ravel meurt en 1956, Edouard décide de faire de Jeanne Taverne sa légataire universelle.

Alexandre, mari complaisant, accepte de divorcer, afin que Jeanne puisse épouser Edouard.

Hélas ! Huit Jours avant de convoler, Edouard meurt, âgé de quatre-vingt-deux ans. La « fiancée », redevenue libre, va épouser à nouveau son ex-mari, en apportant dans la corbeille un contrat stipulant que tous les biens iront à l'époux survivant. Voici les Taverne, riches à millions.

« J'ai toujours eu de la chance, déclarait Alexandre. C'est normal je suis le treizième d'une famille de treize enfants ! » De lointains cousins suisses tentèrent un procès afin de récupérer l'héritage. Mais, bien que défendus par Me Maurice Garçon, ils seront déboutés.

Quatre ans après ce... mariage d'amour, Jeanne meurt et Alexandre devient l'unique héritier des droits de Maurice Ravel.

Rappelons quand même qu’il était sourd de naissance et n’a jamais entendu « le boléro de Ravel » ni une quelconque autre musique.