Au Moyen Âge, la cuisine était lourde, monotone, fade...

Quand on fit connaissance avec les épices, ce fut la folie : on adora le girofle, la cannelle, le poivre, etc.

Bon nombre de pays furent découverts - dont l'Amérique - pour satisfaire cette frénésie.

Leur nom vient du latin « species » (toutes espèces produites par la terre). Puis on les appela plus précisément « espèces aromatiques », puis « espèces », d'où est venu « épices ».

Elles étaient si rares et si chères qu'elles servaient de monnaie d'échange ou de récompense. Elles étaient aussi utilisées pour corrompre.

Les juges qui, à l'époque, étaient payés par les particuliers, comme les avocats aujourd'hui, recevaient des épices en paiement... et aussi pour faire pencher la balance de la justice. À tel point que saint Louis leur interdit d'en accepter pour plus de dix sous par semaine !

Bref, on les payait en « espèces ».

À la fin des croisades, les épices étant moins rares, les juges furent payés en « espèces sonnantes », c'est-à-dire en monnaie.

Aujourd'hui, nous disons que nous achetons en « espèces » (plus ou moins sonnantes puisqu'il y a les billets) du poivre au supermarché...