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Si l'expression en elle-même n'est plus trop utilisée à notre époque (on en trouve plein d'autres variantes plus ou moins poétiques), la désignation de ce qu'on y a abandonné, une fois qu'on est sorti du petit coin, est toujours vivante, puisqu'on parle, par exemple, d'« analyses de selles ».

Mais qu'en pensent le cavalier ou le coureur cycliste qui posent leurs augustes fesses sur une selle ? Eh bien aussi étrange que cela puisse paraître, le lien entre ces deux « selles » est très fort.

Si l'expression date du 15e siècle, le mot « selle » nous vient du 13e, issu du latin « sella » qui désignait un siège, plus précisément le « siège des artisans qui travaillent assis » ou le « siège des professeurs », mais aussi, le siège du cavalier ou, autrement dit, la selle de cheval.

Lorsque le mot apparaît en français, il sert aussi à nommer une chaise percée, une de celles sur lesquelles certaines personnes aisées s'asseyaient pour y faire leur grosse commission, éventuellement recueillie dans un pot placé dessous, chaise qu'on appellera successivement « selle aisée », « selle nécessaire » puis « selle percée ».

C'est de cette chaise, l'ancêtre de notre cuvette de W.C., qu'à la fin du 14e, « la selle » (au singulier) désigne les excréments. Et c'est de là, qu'un peu plus tard, naît notre expression. (Georges planelle)