Tomber facilement et souvent amoureux.
L’expression, qui recourt à une image potagère, a de quoi surprendre au premier abord, ce légume en forme de gros chardon à feuilles piquantes semblant peu à même de symboliser le sentiment amoureux !
Toutefois, si l’on y regarde de plus près et qu’on procède à sa dégustation, la métaphore prend tout son sens.
Car les feuilles dudit légume (de l’italien : « articiocco », emprunté à l’arabe : « al karsof », puis à l’espagnol : « alcachofa ») sont rattachées à une base qu’on appelle aujourd’hui « cœur » (qu’on nommait jusqu’au 19e siècle « cul ») de sorte qu’à chaque feuille prélevée, on arrache une petite part du cœur !
De là, la comparaison établie avec celui qui tombe facilement et souvent amoureux, semblant donner à chaque nouvel amour une parcelle de son cœur.
Cette expression, qui s'applique à tous ceux ou celles qui tombent fréquemment et rapidement amoureux en faisant preuve à chaque fois de beaucoup d'inconstance.
La locution s’est formée dans le langage familier de la seconde partie du 19e siècle, où l’on raillait l’amoureux compulsif de la formule proverbiale : « Cœur d’artichaut, une feuille pour tout le monde », presque méconnu aujourd'hui et donc peu utilisé, sauf de Georges Brassens qui l'a placé dans le premier couplet de sa chanson « Embrasse-les tous ».
Le « fond » de ce légume auquel sont attachées de nombreuses bractées (appelées à tort feuilles) symbolise son « cœur » capable d'en donner une à chaque personne présente.