D’humeur changeante.
« Être dans la lune » décrit un état de distraction le plus souvent passager. Un instituteur le reprochera a tel de ses élèves.
« Être lunatique » au contraire décrit un trait permanent de caractère, une vocation de naissance déterminée par une conjoncture astrale. Le lunatique est né sous le signe dominant de la Lune et de ses changements de forme incessants. Il est condamné à une instabilité morale récurrente, ressemblant aux phases de la lune et aux mouvements des marées qu'elle commande.
Cette instabilité de tempérament peut aller jusqu'à la crise périodique ou durable de folie violente. Dans le Roland furieux de l'Arioste, la raison de Roland, détraquée par la jalousie, le quitte et laisse derrière elle un pantin. L'esprit lui sera rendu par Astolphe, qui va le chercher dans la lune.
Le diagnostic médical du lunatique se trouve dans l'Evangile de Matthieu, où un père demande au Christ de guérir son fils lunatique qui perd tout contrôle de son équilibre au cours de ses crises et tombe alors dans le feu ou dans l'eau (Matthieu 17, 14).
Dostoïevski a prêté cette maladie épileptique au prince Mychkine, le personnage central de L'Idiot. Le romancier en était lui-même affecté.
Au figuré, par extension et atténuation, on dira que quelqu'un est lunatique parce qu'il a l'humeur changeante et déconcertante, dans un sens voisin de bizarre, capricieux, fantasque.