Les circonstances peuvent amener à mal agir.
L'expression proverbiale « l'occasion fait le larron » justifie l'acte de qui n'a fait que profiter des circonstances. Comme on ne sait plus très bien ce qu'est un larron, il arrive même que certains écrivent « fait le lard rond » ou le « lardon ». Le « larron » n'a pourtant rien d'un porc.
« Larron » vient du latin « latro » (voleur), comme l'espagnol « ladrôn » et l'italien « ladrone ».
Les Évangiles rapportent la présence de deux malfaiteurs crucifiés en même temps que Jésus-Christ, et distinguent le « bon larron », qui se repent avant de mourir, du mauvais « larron », qui ne regrette rien.
Selon notre expression, on devient voleur parce que l'occasion de voler se présente et que, selon Furetière, « la possibilité de dérober invite à le faire ».
Plus généralement, ce sont les circonstances, plus que le tempérament, qui poussent à agir d'une manière ou d'une autre. On retrouve cette idée dans la fable de La Fontaine « Les Voleurs et l'Âne », dans laquelle deux voleurs se disputent au sujet d'un âne qu'ils viennent d'enlever et qu'ils se font ravir par un troisième « larron », la tierce personne qui profite du différend.
Le mot « larron » vient du latin « latro » (soldat mercenaire), puis a pris le sens de « voleur » au Moyen Âge.
Ce proverbe apparaît très tôt dans la littérature française, dès le Moyen Âge, notamment dans des fabliaux (petits contes populaires en vers).
Il est repris ensuite par des auteurs comme François Rabelais, qui l’utilise dans Gargantua pour souligner que ce n’est pas forcément le vice naturel d’un homme qui le pousse à voler, mais l’occasion favorable.
Dans une société médiévale où le vol était courant (marchés, routes, auberges), on observait que beaucoup de gens commettaient un larcin simplement parce que la tentation se présentait, et non parce qu’ils étaient de « vrais criminels » de profession.
C’était donc une manière populaire de rappeler que la faiblesse humaine est grande, et que l’opportunité peut transformer un honnête homme en voleur, et qu’il vaut mieux ne pas s’exposer aux tentations si l’on veut rester vertueux.
Ce proverbe a traversé les siècles sans perdre de sa force, car il illustre toujours un travers universel.