Subir une humiliation

Cette expression française tombée en désuétude s’emploie encore dans certaines régions du Québec.

Mettre une poignée d’avoine dans la poche d’un soupirant était, pour une jeune fille, une façon de l’éconduire.

Comme le fait spirituellement remarquer Robert Henry, dans le Courrier médical de Montréal, le meilleur moyen de ne pas manger de l’avoine avec une fille, c’est d’avoir du blé...

L’avoine n’entre plus guère aujourd’hui dans l’alimentation humaine, sauf sous forme de flocons utilisés pour préparer le porridge, ainsi que le célèbre haggis écossais ou panse de brebis farcie.

En des temps où les paysans étaient pauvres et l’alimentation peu variée, on utilisait la farine d’avoine pour la préparation des bouillies (Bretagne, Lorraine, Rouergue, Bourbonnais) et pour faire le pain.

En Bretagne, jusqu’au 19e siècle, on ne donnait pas d’avoine aux chevaux; elle était réservée aux humains.

« Avoine » a pris en argot le sens de correction (raclée), peut-être par dérivation d’humiliation.