Les panneaux sont aujourd'hui surtout publicitaires ou de circulation. On les voit, ils nous obsèdent, et pour la seconde catégorie on doit les respecter. Ce sont, depuis des siècles, des signes figurant sur un support rigide, en général plat.

Le mot, pourtant, évoque à l'origine tout autre chose et une matière souple, car il vient du diminutif latin de « pannus » (morceau d'étoffe), grâce auquel on parle de. « pans » d'une chemise.

Comme tout morceau d'étoffe pouvait être appelé « panneau », le mot désigna de manière inattendue un filet tendu verticalement pour prendre le petit gibier, par exemple les oiseaux.

« Tendre un panneau » pour chasser se dit « panneauter » et on en a fait au figuré l'équivalent de « tendre un piège ».

Si le chasseur prépare et dispose ses panneaux en les tendant, le chassé peut les éviter ou pas, et dans ce cas, malheureusement pour lui, se trouver brusquement dans une situation lamentable.

Pour « être pris au piège », on a commencé à dire, au 17e siècle, « tomber dans le panneau ».

Les siècles passant, et les panneaux changeant de nature, l'expression est devenue peu explicable. Mais on sent bien qu'il s'agit d'autres panneaux que publicitaires lorsqu'un gogo achète cher une marchandise médiocre, tombant dans le panneau d'une publicité.