« Il leur pend à toutes, sous le menton, une barbe qu’on appelle « aruncus » : si on en saisit une du troupeau par la barbe, et qu’on l’entraîne, les autres regardent, frappées de stupeur.» Pline l’Ancien
« Chèvre », en italien « capra », a donné « capriccio », soit « caprice ».
Cette disposition de l’esprit à des enthousiasmes passagers, à des changements brusques dans l’humeur, les résolutions ou les sentiments.
L’imaginaire populaire a un peu relégué la bête au rang des idiotes et des naïves. Elle symbolise l’inconstance, le désir et la désobéissance.
Cet animal réputé fragile et écervelé est entré au service de l’éducation des petites filles pour les mettre en garde contre les hommes, notamment les loups.
Le cas de la chèvre de monsieur Seguin frappe bien les esprits. L’histoire est la suivante. Blanchette en a par-dessus la tête de brouter l’herbe grasse et lourde des pâturages; elle étouffe dans son petit enclos propret; elle enrage contre sa longe. A son vieux berger de maître elle dit exactement ceci : « Ecoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.» On connaît la réponse : « Non ! »
Elle, fringante et belle adolescente, aspire à mieux qu’un enclos ; elle aspire à l’inconnu. Un soir, n’y tenant plus, elle se lance à la conquête de la montagne. Parvenue à son sommet, elle y rencontre un grand loup noir aux yeux de feu et aux grandes dents. La suite est bien connue, elle ne revint jamais.