En France, les chasseurs, c’est bien connu, aiment tirer à la carabine ces proies sautillantes et futées, qui crochètent et boulent à toute allure, profitant du moindre relief de la campagne pour s’y cacher dans l’espoir d’échapper au plomb.

Petite bête fugace et discrète, le lapin supporte sans plainte l’exiguïté du clapier d’où on l’extrait de temps à autre pour la douceur inégalée de son pelage, dont on fait des fourrures bon marché.

Sans crocs pour déchiqueter ni griffes pour lacérer, le lapin offre une compagnie très appréciée des hommes.

Cet ensemble de qualités a conduit l’animal à intégrer nos mythologies modernes sous le nom de « Bunnygirls », ces hôtesses des clubs Playboy nés dans les sixties où l’homme d’affaires nord-américain se délasse en s’alcoolisant.

Après un passage au vestiaire où elle ajuste son costume réglementaire, la « Bunny girl » entre en piste. C est un joli brin de fille sans être une vamp, elle n’est ni trop voluptueuse ni trop offensive, ni trop lubrique, ni trop vénale. Elle offre un érotisme aussi léger que sa conversation et crochète d’un client à l’autre en badinant tandis que, dehors, on lustre la voiture de Monsieur.