Femme est lion pour dévorer.

Dans la série des carnassières, la lionne est une femme combative, dont l’ardeur guerrière s’exprime dans les banques, les cabinets d’avocats et toutes les entreprises cotées au Nasdaq. Elle est prête à tous les coups de crocs pour se tailler la part du gâteau (ou du lion).

La métaphore s’applique aussi à la mère particulièrement protectrice, en écho à la louve, autre mammifère auquel on prête un instinct maternel très développé.

Au 19e siècle, « lionne » désigne une prostituée. Si elle n’égale la panthère ni en élégance ni en fortune, elle est tout aussi sanguinaire. Moins douée pour les économies, elle finit souvent sur la paille, tuberculeuse ou vérolée.

Surnommée « Mouche d’or » puis tour à tour qualifiée de « cocotte, oie, caille, couleuvre, pouliche, chatte, lionne », la Nana de Zola est la plus bestiale de la – ménagerie littéraire. Verdict : vérole. C’est ainsi que l’on assassine les prostituées dans la littérature.

Le Moyen-âge fut aussi très sévère avec celles qui faisaient commerce de leur corps. On leur coupait parfois le nez. On pouvait aussi s’aider de différents outils pour mettre un terme à cette activité.

« Je dis que l’on devrait, à coups de massue ou de pioche, tuer la femme qui fait de sa chair un négoce. Quelle ne vaut pas mieux que la queue d’un vieil aigle, d’un bœuf ou d’une truie que l’on vend au détail ». (Rutebeuf)