Catherine de Médicis, épouse du roi Henri II et mère de trois futurs rois de France, vivait entourée d'astrologues et de mages. Les sciences occultes passionnaient cette Florentine qui n'entreprenait jamais rien d'important qu'elle n'eût au préalable consulté son horoscope.
Elle avait une confiance aveugle en Nostradamus qui avait prédit avec des détails stupéfiants la mort de son mari. Elle avait fait, pour le consulter, le voyage jusqu'à Salon-de-Provence : il lui avait annoncé que trois de ses fils régneraient, qu'Henri de Navarre, le Bourbon, succéderait à la lignée éteinte des Valois, autant de visions qui s'étaient avérées par la suite.
Le prophète lui avait aussi révélé qu'elle mourrait près de Saint-Germain. Bien des années plus tard, le 5 janvier 1589. La reine était alitée au château de Blois.
A bout de forces, la vieille reine sentait sa dernière heure approcher. Pourtant, elle gardait encore confiance lorsque le roi lui proposa de recevoir les derniers sacrements. Nostradamus ne pouvait se tromper : N'avait il pas prédit qu'elle mourrait près de Saint-Germain, c'est-à-dire à des dizaines de lieues de Blois?
Allons ! Ce n'était pas encore pour aujourd'hui !
La porte s'ouvrit. La reine, soulevée sur un coude, vit entrer un jeune prêtre qu'elle n'avait jamais vu au château.
- Je ne vous connais pas. Comment vous appelez-vous?
- Julien de Saint-germain, Majesté.
- Je suis morte, s'écria la reine en retombant en arrière.
Nostradamus, une fois encore, avait vu juste. Auprès de Saint-germain qui l'assistait, Catherine de Médicis rendit l'âme quelques minutes plus tard.