Qui ne s'est jamais pris à rêver devant les chevaux d'écume. Devant cette eau en mouvement qui court parfois pendant des milliers de kilomètres. Devant cette eau qui vient doucement mourir sur une plage ou se fracasser contre un rocher. Devant cette eau si imposante et imprévisible.
Lorsque le vent se lève en mer, l'eau qui se trouve à la surface s'agite et fait des tours sur elle-même. La danse commence alors et par petits groupes des rondes s'organisent.
Comme ces rondes se font de haut en bas, de petits bosses réguliers apparaissent sur l'eau. On a alors des bébés vagues. Au fur et mesure que le vent forcît les rondes s'élargissent et du même coup nos vagues grossissent.
Les vagues se déplacent dans le sens du vent. Mais ...
On peut avoir des vagues sans vent. Vous ne comprenez plus, nous non plus et pourtant c'est possible. L'eau qui a commencé à faire ses rondes ne veut plus s'arrêter lorsque le vent disparaît. Alors les vagues continuent droit devant elles, sans faiblir, et cela jusqu'à ce qu'un obstacle vienne gâcher la fête. Elles peuvent faire ainsi des milliers de kilomètres avant de trouver une plage accueillante. En arrivant sur des fonds plus hauts. La ronde se ralentit en touchant le fond. C'est alors que la vague se brise et déferle.
Plus surprenant, l'eau qui constitue les vagues ne change pas de place ! Pour le vérifier, il suffit de lancer un bouchon en pleine mer. Vous constaterez que ce bouchon monte et descend au gré des vagues mais reste à la même place. Ce qui se déplace c'est le mouvement, on appelle cela une onde. Magique, non !
Le phénomène de marée est souvent comparé à la respiration. Cette symbolique est forte, mais sans doute peu adaptée au mécanisme qui nous intéresse. Car dans le cas contraire, il faudrait considérer que notre planète est sous assistance respiratoire. Si pour nous, pauvres terriens, les considérations d'ordre « Spacio-gravito-temporelles » passent largement au-dessus de nos têtes. Il est une manifestation terrestre, bien connue de tous, qui matérialise ces forces qui régissent l'Univers. C'est la marée.
La particularité des objets célestes est d'attirer ce qui passe à leur portée. La Terre et la Lune n'échappent donc pas à cette règle. La Lune aimerait bien attirer notre planète vers elle. Mais sa petite taille ne lui permet d'influencer que les surfaces déformables de sa voisine, c'est à dire l'eau des océans.
La planète bleue, ne tenant pas à perdre sa réputation, tente de récupérer son bien en tirant l'eau du coté opposé. Cette lutte de titans, a pour conséquence d'élever le niveau des eaux d'une dizaine de mètres aux endroits où la Lune est la plus proche. Provoquant ainsi une immense vague de marée.
Mais la Terre a tiré trop fort ! Et de l'autre coté de la planète se forme une vague identique à la première. Le parcours de la Lune et la rotation de la Terre sur elle-même vont faire se déplacer les deux vagues à la surface du globe. Elles ne sont arrêtées que par la rencontre de terres émergées. A ce moment l'observateur placé sur le bord constate une élévation du niveau de la mer.
Quelques heures plus tard lorsque la Lune a passé son chemin la mer reprend sa place originelle.
De temps à autre le Soleil s'en mêle et vient prêter main forte à la Lune. La lutte est alors inégale. La marée atteint le maximum de son intensité.
Réflexion faite, heureusement qu'il n'y a pas d'eau sur la Lune car sinon ce serait la douche perpétuelle assurée. Mais peut-être qu'à une époque lointaine cela fut le cas