Et tout le reste.

Comme « et tout le tralala », le « et tout le saint-frusquin » fait partie de ces formules expressives qui peuvent remplacer « et caetera » (et tout le reste), à la fin d'une énumération.

Mais si l'on se doute que la première vient d'une onomatopée, on aimerait bien savoir quel est ce « frusquin » qui dans la seconde peut évoquer tant de choses.

Le mot a désigné aussi bien une pièce de vêtement qu'une pièce de monnaie. Dans l'argot de l'époque de Louis 14, un « frusquin » était un habit. C'est de ce mot que vient « frusques », encore bien connu pour parler péjorativement des vêtements. Si quelqu'un avait perdu tout son « frusquin », c'est qu'il avait égaré tout ce qu'il possédait d'effets personnels et d'argent.

C'est peut-être grâce à l'adjectif « saint » que ce nom s'est maintenu jusqu'à nous : par ce pied de nez lexical, de petites choses sans importance accèdent au rang d'objets sacrés. Et ce « saint » est sans doute apparu sous l'influence de « saint crépin », qui désignait l'ensemble des outils des cordonniers, Crépin étant le patron de leur corporation.

On disait « porter tout son saint-crépin » pour « transporter tout ce que l'on possède », à la manière des cordonniers se déplaçant de ville en ville avec leur matériel.

Par analogie, « saint-frusquin » a désigné les économies et l'on pouvait « boire ou manger tout son saint-frusquin », c'est-à-dire dilapider tout son bien.

Aujourd'hui encore, « et tout le saint-frusquin » renvoie à tout ce que l'on n'a pas cité et qu'on laisse imaginer. Et avec « Frusquin, Clinglin ou Nitouche »*, on peut s'inventer une hagiographie des plus comiques.

Quel est donc ce « saint » que l’on ne retrouve sur aucune référence biblique ni sur aucun calendrier ?

C'est que ce « frusquin » -là est un terne argotique ancien qui désigne les vêtements « frusques ».

Pourquoi saint ?

Il est probable qu'il s'agisse d'une création par analogie avec d'autres expressions où les saints apportent une sorte de valeur ajoutée aux mots qu'ils caractérisent.

Ainsi « tout le saint-frusquin » désigne tout ce que l'on possède de personnel et abrège son énumération ; l'expression équivaut à une sorte d' « et cætera ».