Mystérieusement. D'une manière douteuse.
L'opération qui nous intéresse ici n'est ni arithmétique, ni chirurgicale.
Il faut en effet se souvenir que, 9 mois avant le 24 décembre de l'an 1 avant J.C., une certaine Marie, qui avait toutefois été prévenue de ce qui l'attendait par l'ange Gabriel, tomba enceinte alors que, au grand jamais, elle n'avait fauté, ne vivant pas encore avec son Joseph.
L'explication limpide nous vient de l'apôtre Matthieu qui écrivit plus tard :
« Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. Il avait formé ce projet, et voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" »
Notre expression, apparue au début du 16e siècle, est une formule du catéchisme qui est associée à la naissance miraculeuse de Jésus.
Mais une telle « mésaventure »,pour un mari, arrivant régulièrement à d'autres hommes, la locution a été fréquemment et ironiquement utilisée pour expliquer la naissance d'un enfant dont le père n'était pas connu ou qu'on ne voulait pas connaître.
Par extension, et à partir du 19e siècle, toute opération dont on ne connaît pas ou on fait semblant de ne pas connaître l'origine, donc toute opération mystérieuse ou éventuellement douteuse, peut avoir été faite « par l'opération du Saint-Esprit ».