« Lorsque nous nous laissons enchanter par le monde et que nous nous endormons au sein des plaisirs qu’il nous offre, la sirène, c’est-à-dire le démon, tombe sur nous et nous tue. » Célestin Hippeau
« Sirène » ne s’entend plus depuis belle lurette. La métaphore est révélatrice d’un imaginaire autrefois fécond puisque la sirène est un trans-animal qui a échappé à la classification de Linné. Hybride de femme et de poisson, ou de femme et d’oiseau, elle exerçait sur l’homme un pouvoir de séduction fatal.
Les marins en faisaient sculpter à la proue des navires pour conjurer leur enchantement et le risque de noyade qui lui était conséquent. On sait en effet que ces créatures attiraient les hommes à elles par un chant irrésistible pour les entraîner dans les fonds marins où elles avaient leurs quartiers. Là, elles les dévoraient entre copines.
On ne sait rien de leur mode de reproduction; le fait que l’espèce ait disparu semble révéler une faille.