En 1920, au cours d'un voyage de nuit en train présidentiel, le président Paul Deschanel ne se sent pas bien, il fait trop chaud dans sa cabine. Il se penche par la fenêtre de son compartiment pour prendre l'air et chute accidentellement de la voiture.
Son train circulait à environ 50 km/h car il traversait au même moment une zone de travaux.
Au sol, Paul Deschanel est ensanglanté mais ses blessures sont bénignes. Hébété et habillé d'un pyjama gris-blanc, le Président marche le long de la voie.
Il rencontre André Radeau, un ouvrier cheminot qui surveillait la zone de travaux. Il se présente à lui comme étant le président de la République.
À cette époque, l'image des hommes publics est encore peu diffusée parmi la population, et André Radeau est sceptique, Il pense plutôt avoir affaire à un ivrogne, mais il le conduit tout de même jusqu'à une maison de garde-barrière non loin, où le blessé est soigné et mis au lit.
Le garde-barrière, impressionné par la dignité du blessé et la cohérence de ses explications, part pendant ce temps prévenir la gendarmerie la plus proche.
La femme du garde-barrière aurait dit à des journalistes : « J'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres ! »
Après cette anecdote rocambolesque, le président Paul Deschanel sera la risée de la presse et la victime des plus folles rumeurs, comme celle de se baigner avec les canards dans les bassins du palais de l'Élysée.