Au 18e siècle à Caen existait une association dont l'objet social était « la libération et la glorification du pet ».

C'était la Société des francs-péteurs.

Ses membres, qui devaient s'engager à tout mettre en œuvre pour assurer le triomphe du pet, s'entraînaient à domicile, mais aussi en public pour lutter contre le préjugé qui condamne ce bruit.

L’assemblée générale se tenait vers le 15 mars - saison hautement favorable - et s'ouvrait sur un pet du président auquel répondaient « d'une seule voix » tous les frères. Ce salut se…..répétait (pardon !)….. trois fois. Il y avait des discours, un banquet...

Une bien belle journée pendant laquelle on applaudissait à tout rompre, mais toujours sans les mains !

Issu de cette organisation un certain Ducastel de Saint-Paul écrivit un ouvrage fondamental : La Crépitumanie ou l'art des pets. Cet auteur peut être considéré comme le maître à penser de Joseph Pujol, « le pétomane ».

Ce « phénomène de la nature » était né à Marseille le Juin 1857 au domicile de ses parents, 13, rue des Incurables (!). Un jour qu'il se baignait, il eut la révélation de ses exceptionnelles possibilités : il pouvait à volonté aspirer de l'eau par le rectum et la rejeter en contractant ses muscles abdominaux.

Il s'entraîna pour passer de l'eau à l'air et réussit à moduler les sons qu'il produisait, du grave à l'aigu, du bref au plus prolongé.

En 1882, Pujol monta sur la scène du Moulin-Rouge et son numéro connut un succès immédiat et colossal.

Voici, extraites de son répertoire, quelques-unes de ses imitations : le pet de la jeune fille, de la belle-mère, de la mariée le soir des noces (timide), de la même au lendemain des noces (plus affirmé). Il imitait le déchirement d'une pièce d'étoffé (10 secondes), le son du canon, le bruit du tonnerre.

Il éteignait une bougie à trente centimètres, fumait et jouait de la flûte - pas très juste ! - en n'utilisant, bien sûr, que le côté de son corps opposé à sa bouche.

Il fut l'acteur le mieux payé de son temps. Lorsque Sarah Bernhardt demandait 800 francs par engagement, Pujol touchait 2 000 francs pour une seule séance... et encore en matinée !

Les productions de Joseph Pujol étaient garanties absolument inodores.