Jusqu'à la fin du 15e siècle, un objet de matière précieuse et destiné à l'ornement se disait un « joyau ». Le terme désignait ces objets de valeur que l'on achetait chez un « joaillier ».

Parallèlement, le terme breton « biz » (doigt) avait connu un dérivé « bizou » (anneau pour le doigt).

C'est sans doute l'origine du mot français « bijou » ; il apparaît à la fin du 15e siècle et, si j'ose dire, il fait fortune.

Il devient tout d'abord le terme normal pour désigner un petit objet servant à la parure, précieux par sa matière ou par son travail : « bijoux anciens, bijoux de fantaisie, porter ses bijoux ».

Ensuite il acquiert rapidement plusieurs dérivés : le « bijoutier » tient une bijouterie.

Enfin, ses emplois figurés sont légion. Qu'ils désignent un objet ou un lieu élégant : « un bijou d'appartement », écrit Balzac dans « Le Père Goriot ». Qu'ils s'adressent à une personne : « bijou » devient alors un terme courant d'affection :

« Elle l'appelait : ma petite fleur, mon chérubin, mon ange adoré, mon divin bijou », écrit Guy de Maupassant.

Comme on le voit, « bijou » a quasiment remplacé son concurrent, le réduisant à un emploi littéraire et soutenu : « la cathédrale de Chartres, joyau de l'art gothique ».