A l'origine étaient les verbes « deviser », « diviser ».
De « division », on est passé à « signe distinctif », formule ou dessin sur un blason.
Puis « devise » n'a plus signifié que « formule » ou « maxime ».
Et c'est parce qu'on imprimait des « devises » sur les billets de change que « devise » a pris le sens de « moyen de paiement libellé dans une monnaie étrangère ».
Jadis, chacun, de petite ou de grande noblesse, bourgeois ou simple particulier, se faisait un devoir de porter un blason avec une devise.
Nous connaissons la devise des États.
- « D'une mer à l'autre », la devise du Canada.
- « Je me souviens », celle du Québec.
- « Dieu et mon droit », celle du Royaume-Uni.
- « Liberté, Égalité, Fraternité », celle de la République française.
- « Qui s'y frotte, s'y pique » celle de Nancy (avec un chardon)
- « Fluctuât nec mergitur » (II est battu par les flots, mais ne sombre pas) celle de Paris.
Certaines personnes inséraient, en quelque sorte, un message dans leur devise.
Par exemple, une noble dame italienne du 17e siècle, vertueuse paraît-il, avait adopté pour blason un cadenas à secret avec la devise : « II ne s'ouvre que pour un seul »
Une autre, polissonne, avait pour blason une harpe avec ces mots : « Je réponds à qui me touche »
Le plus téméraire fut le comte espagnol de Villamediana qui avait conquis le cœur de la reine d'Espagne, II crut pouvoir faire allusion à ses amours, sans compromettre personne, sous le couvert d'une devise. Son blason représentait de nombreuses pièces de monnaie (des réales), avec la devise : « Mis amores son réales » (mes amours, sont royales). Fatale imprudence ! Philippe 4 était moins niais que prévu et l'amant imaginatif fut discrètement poignardé par des « inconnus ».