La plupart des langues comportent des termes de signification symétrique.

Le français n'y fait pas exception : le pain « frais » est tout « chaud », et je « loue » un appartement à quelqu'un qui me le « loue » également

Ce phénomène provient de l'évolution de la langue

Prenez le verbe « énerver », il signifiait proprement « énerver « (ôter les nerfs), c'est à dire rendre amorphe, sans énergie.

L’énervement est l'état qui caractérise cette absence de dynamisme

L’énervation, qui a désigné au Moyen Âge « supplice », est encore utilisée en boucherie, pour signifier que l'on ôte les tendons d’une pièce de viande. Ce dernier terme seul a conservé son sens ancien

Car la famille lexicale, dans son ensemble, a basculé vers un sens nouveau.

Au cours du 19e siècle, on a interprété autrement le verbe « énerver ». Non plus « enerver «, mais « ennerver « C'est-à-dire rendre nerveux, accroître la nervosité

L’énervement désigne maintenant tout autre état, l'opposé même : « être sur les nerfs », faire preuve d'une grande excitation

Par suite, hors contexte, et dans la langue soutenue, l'expression « cet homme est énervé » est donc totalement ambiguë. C'est énervant