« Bonjour, comment allez-vous ? »

Une phrase anodine qui fait partie de notre quotidien...

Mais saviez-vous qu’en fait de vous enquérir de la forme générale de votre interlocuteur, vous êtes en train de lui demander des nouvelles de son transit intestinal ?

C’est bien le sens originel de cette expression née au 18e siècle.

Epoque où l’on s'offusquait à la vue d’une cheville féminine, mais où l’on pouvait déféquer en public sans même interrompre sa conversation !

Dans la Rome antique, déjà, seuls les plus riches disposent de latrines privatives. En ville, les toilettes publiques sont collectives : de simples bancs percés, qui permettaient de continuer à discuter tout en se soulageant...

A Versailles, Louis 14 utilise régulièrement sa luxueuse chaise percée en public. Avec lui, seuls quelques privilégiés disposent d’un tel équipement.

Plus coquettes, ces dames se promènent souvent avec un petit pot de chambre accroché sous leurs larges robes, le « bourdaloue », du nom d'un jésuite aux prêches interminables, qui obligeait les dames à se soulager pendant le sermon !

Dès son inauguration, le château de Versailles possède pourtant des latrines, mais son gigantisme fait qu'on s’y soulage dans les couloirs, derrière des tentures... Imaginez les odeurs abjectes. Et surtout le climat propice au développement de maladies.

C’est vers 1596 qu’un Anglais, John Harington, filleul de la reine Elisabeth 1ère, invente la chasse d'eau. Le concept se diffuse petit à petit dans les hautes sphères, mais il a l'inconvénient d'être fixe, au contraire de la chaise percée qu’on peut se faire apporter partout.

Au 19e siècle, alors que le principe des toilettes individuelles et isolées s’impose peu à peu, c'est encore un Anglais qui crée la chasse d'eau moderne, équipée d'un flotteur. Thomas Crapper avait d'ailleurs un nom prédestiné puisque son équivalent en français serait... « Thomas le Chieur » !

La couronne d’Angleterre fait rapidement appel à lui pour équiper ses nombreux palais.

Peu à peu, alors que l’eau courante s'impose progressivement, les intérieurs des particuliers commencent à se doter de « water closets » à chasse d’eau et de véritables salles de bains.

Mais la démocratisation du « pipi room » attendra encore quelques décennies. C'est seulement dans la seconde moitié du 20e siècle que le petit coin s’impose dans tous les logements.