Il ne s'agit pas ici de superstition mais de nature.

Certes, les poules constituaient de bonnes munitions de bouche lors des longues traversées [viande et oeufs), mais elles présentaient aussi quelques inconvénients : sujettes au mal de mer, elles dépérissaient a vue d'œil (abattement, vomissements, perte d'appétit, chute de leurs ergots par manque d'exercice).

En plus, en cas de pénurie de vivres, les poules les plus fortes attaquaient les plus faibles, leur plumaient le ventre, le perçaient pour leur arracher les entrailles aux fins de s'en nourrir.

Les oies, de constitution plus solide, consommaient toutefois beaucoup d'eau douce. On leur préférait les canards pour les longues traversées : faibles consommateurs d'eau, ils buvaient volontiers de l'eau additionnée de rhum (ce qui leur faisait passer le mal de mer).

Source : Anne POUGET -Le livre des pourquoi- Ed Cherche midi