Prophète et législateur, il fit sortir le peuple hébreu d'Egypte pour le mener aux frontières de la Terre promise.
Il est le personnage central de la naissance et de la formulation de la religion juive.Si l'on en croit la Bible, le nom Moché (Moïse) s'explique de la façon suivante: Elle l'appela Moché et dit «c'est que je l'ai tiré des eaux" (Exode 2,10).
Moïse, fils d'Amram et de Yochèvèt, tous deux issus de la tribu de Lévi, naquit en Égypte au moment où Pharaon donnait cet ordre à tout son peuple :
« Tout fils [hébreu] qui naîtra, vous le jetterez dans le Nil »(Exode 1,22).
Trois mois durant, sa mère le cacha dans sa maison, mais, ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle le mit dans un panier de jonc qu'elle alla déposer sur le Nil. C'est là que la fille de Pharaon le découvrit et décida de l'adopter.
Moïse grandit en prince égyptien. Or, un jour, voyant un Egyptien frapper un esclave hébreu, il le tua et dut fuir l'Egypte. Dans sa fuite, il atteignit Madian, où il épousa Tsipporah, l'une des sept filles de Jéthro, prêtre de la ville.
Tandis qu'il faisait paître les troupeaux de son beau-père, il arriva au mont Horeb, où, du milieu d'un buisson ardent qui ne se consumait pas, DIEU lui apparut. Il lui ordonna de retourner en Égypte pour délivrer ses frères du joug de l'esclavage.
Après maintes hésitations, Moïse accepta cette mission, mais, comme il avait des difficultés d'élocution, il fut convenu qu'Aaron, son frère, parlerait en son nom (Exode 4).
Moïse, alors âgé de quatre-vingts ans, parut devant pharaon. Mais celui-ci refusa catégoriquement de laisser partir les Israélites.
Dieu affligea alors pharaon et les égyptiens de dix plaies, dont seule la dernière, la plus sévère, la mort des premiers-nés, persuada pharaon de libérer les Hébreux. Lorsque, les égyptiens à leurs trousses, les Hébreux arrivèrent à la mer des Joncs (mer Rouge), Moïse leva sa verge.
Alors s'ouvrant en deux, la mer laissa passer les enfants d'Israël à pied sec. Mais, lorsque les égyptiens, menés par pharaon, s'y aventurèrent à leur tour, les eaux se refermèrent sur eux et ils furent engloutis. Alors Moïse et les Hébreux entonnèrent un cantique de louanges et de remerciements au Seigneur.
Après une errance de courte durée dans le désert du Sinaï, ils atteignirent le mont Sinaï aussi connu sous le nom de « montagne de DIEU » et que la tradition identifie au mont Horeb.
Là, DIEU leur apparut, et leur donna les Dix Commandements par l'entremise de Moïse (Exode 20,1-17): Moïse monta au sommet du mont Sinaï, où il resta quarante jours et quarante nuits sans boire ni manger, pour recevoir les tables de 1'Alliance.
Alors qu'il était sur la montagne, les Hébreux demandèrent à Aaron de leur construire un Veau d'or qui ferait office de divinité. Lorsque à son retour Moïse vit l'idole, son courroux fut si grand qu'il brisa les tables de l'Alliance. Jetant le Veau au feu, il en réduisit l'or en poudre, et le mêla à de l'eau qu'il fit ingurgiter à ceux qui avaient péché. Cet épisode ne l'empêcha pas de supplier DIEU de ne pas détruire son peuple. Cédant à ses supplications, DIEU consentit à ne pas l'effacer de la surface de la terre.
Puis, Moïse remonta sur le mont Sinaï, où il demeura à nouveau quarante jours et quarante nuits, pour y recevoir de nouvelles Tables. Selon la tradition, il y reçut en outre le Pentateuque (loi écrite) où est consignée toute la législation du judaïsme, ainsi que la loi orale (Chab 93b).
Dieu lui ayant ordonné de faire construire un sanctuaire, Moïse en confia l'exécution à Betsalel.
Lorsqu'il redescendit de la montagne son visage étincelait.
Aussi se voila-t-il la face pour que les Hébreux puissent encore lui parler. DIEU punit Moïse de sa désobéissance à Mara. En effet, au lieu de parler au rocher pour en obtenir de l'eau, comme DIEU le lui avait ordonné, Moïse le frappa. Aussi DIEU lui interdit-il de pénétrer en Terre promise. Moïse le supplia d'annuler le décret, mais en vain.
Lorsque, à la tête de son peuple, il en atteignit les frontières, il grimpa au sommet du mont Nébo pour y mourir, et de là, DIEU lui fit voir le pays tout entier.
Moïse mourut à l'âge de cent vingt ans. Ses yeux ne s'étaient pas obscurcis, et sa vigueur était toujours égale. Avant de mourir, Moïse rassembla une dernière fois les Hébreux pour leur transmettre les lois et leur faire ses dernières recommandations. Jusqu'à ce jour, l'emplacement de sa tombe reste inconnu.
Selon la Bible, Moïse est le plus grand prophète qu'ait jamais eu le peuple juif (Deutéronome 34,10): « Il ne s'est plus levé, en Israël, de prophète comme Moïse, lui que l'Éternel a connu face à face.
Les difficultés auxquelles Moïse dut faire face sont sans nombre :
il fut d'abord le seul à juger les conflits qui agitaient la nation. C'est seulement plus tard, sur la suggestion de Jéthro, son beau-père, qu'il nomma d'autres juges pour le seconder (Exode 18,13-23).
En outre, dans le désert, les Hébreux ne cessaient de le harceler de leurs problèmes et de lui demander de les ramener en Égypte.
Puis son cousin Korah, issu comme lui de la tribu de Lévi, rassembla deux cent cinquante notables parmi les Hébreux, pour les inciter à la révolte (Nombres 16,1-19).
Enfin, pour couronner le tout, son propre frère Aaron et sa sœur Myriam prétendirent qu'ils lui étaient égaux en matière de prophétie et le critiquèrent pour avoir épousé une Koushite (Nombres 12,1-15).
Dans les batailles contre Amaleq (Exode 17,813), contre Sihon, le roi amorite de Hechbon (Deutéronome 2,31-33) et contre Og, roi du Bachan (Deutéronome 3,1-4), Moïse dut faire montre de talents de chef militaire.
Avant de mourir, il bénit toutes les tribus d'Israël, sans émettre une seule critique contre quiconque. Il est appelé le « Serviteur de Dieu » (Deutéronome 34,5). On le décrit aussi comme « très humble, plus humble qu'aucun homme sur la surface de la terre » (Nombres 12,3).
La littérature rabbinique considère que Moïse représente le plus grand des maîtres,
l'homme avec lequel DIEU s'entretint « face à face »,l'intermédiaire entre l'homme et DIEU, le plus grand des prophètes et le réceptacle de la Loi divine.
Cependant, les plus grandes précautions sont prises pour éviter de lui attribuer des pouvoirs divins ou semi-divins. Moïse n'est qu'un être humain, se trompant comme un homme, et on tente ainsi de parer toute tentation de culte de la personnalité :
C'est DIEU et non Moïse qui donna la Torah au peuple d'Israël. On peut ainsi observer, dans la pensée rabbinique, le souci d'affirmer la suprématie de Moïse, tout en lui refusant, par ailleurs, tout caractère divin.
DIEU aurait donc dicté à Moïse l'ensemble du Pentateuque, et Moïse est appelé Moché rabbénou (Moïse, notre maître).
Selon la tradition, Moïse naquit le 7 Adar et mourut le jour de son cent vingtième anniversaire.
Plus tard, on a choisi cette date comme jour de commémoration du souvenir des morts dont la sépulture est inconnue.
PRIERE DE MOISE
Et, debout devant Dieu, Moïse ayant pris place,
Dans le nuage obscur lui parlait face à face. Il disait au Seigneur :
Ne finirai-je pas ?
Où voulez-vous encore que je porte mes pas ?
Je vivrai donc toujours puissant et solitaire ?
Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre !
Que vous ai-je donc fait pour être votre élu ?
J'ai conduit votre peuple où vous avez voulu. Voilà que son pied touche à la terre promise. De vous à lui qu'un autre accepte l'entremise, Au coursier d'Israël qu'il attache le frein ; Je lui lègue mon livre et la verge d'airain.
Pourquoi vous fallut-il tarir mes espérances, ne pas me laisser homme avec mes ignorances puisque du mont Horeb jusqu’ au mont Nébo, je n'ai pas pu trouver le lieu de mon tombeau ?
Hélas ! Vous m'avez fait sage parmi les sages !
Mon doigt, du peuple errant a guidé les passages, j'ai fait pleuvoir le feu sur la tête des rois.
L'avenir à genoux adorera mes lois, des tombes des humains j'ouvre la plus antique, La mort trouve à ma voix une voix prophétique, je suis très grand, mes pieds sont sur les nations, ma main fait et défait les générations.
Hélas ! Je suis, Seigneur, puissant et solitaire, laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre !
Sitôt que votre souffle a rempli le berger, les hommes se sont dit : « Il nous est étranger » .
Et leurs yeux se baissaient devant mes yeux de flamme, car ils venaient, hélas, d’y voir plus que mon âme.
J'ai vu l'amour s'éteindre et l'amitié tarir.
Les vierges se voilaient et craignaient de mourir m'enveloppant alors de la colonne noire, j'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire, et j'ai dit dans mon cœur :
Que vouloir à présent ?
Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant, ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche, l'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche.
Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous, et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux.
Ô Seigneur ! J’ai vécu puissant et solitaire, laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre !