Eveiller l'attention, la méfiance, les soupçons (avoir l'attention éveillée, se douter de quelque chose ou se méfier de quelqu'un).

Cette expression est attestée pour la première fois au 13e, sous la forme « mettre la puche en l'oreille », à une époque où les petits parasites pullulaient, quel que soit le niveau social de leur hôte, et où les tourments qu'ils provoquaient occupaient les esprits et les mains pour des séances de grattage où il n'y avait rien à gagner.

Bizarrement, elle signifiait alors « provoquer ou avoir un désir amoureux », sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses Contes :

« Fille qui pense à son amant absent

Toute la nuit, dit-on, a la puce à l'oreille »

Le glissement vers le sens érotique, s’est fait naturellement, l’oreille étant la métaphore du sexe féminin et la puce, l’allusion à une démangeaison de celui-ci.

Au 17e siècle, l'expression se transforme, le « à » remplace le « en » et, surtout, le sens devient « être inquiet, agité », comme pour quelqu'un qui aurait senti une puce venir se loger dans son conduit auditif et qui en craindrait les conséquences « démangeatoires ».

Parallèlement, dès le 14e siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu'un était supposé parler de vous.

C'est probablement l'association de ces bizarres démangeaisons « méfiez-vous, quelqu'un dit du mal de vous ! » et de l'inquiétude de quelqu'un ayant « la puce à l'oreille » qui a donné le sens moderne de cette expression.