S’engager dans une lutte, une compétition, intervenir dans un débat.

Les chasseurs savent que la femelle du chien de chasse s'appelle « lice ».

Quand on « entre en lice » pour s'engager dans une lutte, combat véritable ou joute oratoire, nous avons affaire à un homonyme : il ne s'agit pas de lâcher les chiens ni les chiennes.

Gardez-vous par ailleurs d'écrire « lisse », par confusion avec un homophone.

Le mot « lice », d'origine germanique, désigne primitivement une barrière. Au 12e siècle, c'est la palissade entourant un château, puis le champ clos où s'organisent les tournois, et les joutes. À la Renaissance, le mot s'étend à l'espace -délimité par des barrières réservé aux courses de chevaux et aux compétitions.

On « entre en lice », comme on entre dans l'arène, pour affronter un adversaire, pour livrer un combat.

Dans Le Cid de Corneille, le roi accorde à Chimène qu'elle choisisse un chevalier qui se battra en duel contre Rodrigue, qui a tué le père de la jeune femme, et formule ainsi sa proposition : « Il suffit qu'une fois il entre dans la lice, Choisis qui tu voudras, Chimène, et choisis bien, Mais après ce combat, ne demande plus rien ».

Au 17e siècle, la métaphore est transposée dans le domaine de la parole. Les discussions en société sont alors de véritables joutes oratoires, et « entrer en lice » signifie « intervenir dans un débat ». Il faut du courage pour descendre dans l'arène publique et prendre part à une « polémique », mot relevant d'une métaphore semblable, puisqu'il vient du grec « polemikos » (qui concerne la guerre). A l'inverse, « fuir la lice » se disait pour « éviter la dispute ».

Lorsque Mirabeau dit « Je rentre dans la lice, armé de mes seuls principes et de la fermeté de ma conscience », il s'apprête à livrer bataille et à porter des coups. Seul le vainqueur « restera en lice ».