Ce fruit est agréable à l'historien de la langue, car son aventure est des plus singulières. Voici donc son cheminement :
Le mûrissement des fruits céréales est une forme de cuisson par le soleil.
C'est du moins ce que pensaient les Romains, qui utilisaient le mot « coquere » aussi bien pour « faire cuire » que pour « faire mûrir » (notons que cette racine « coquus » a donné cuisinier, cuisson, culinaire, coq, maître queux, etc.).
« Cuire avant » (para coquere) signifiait hâter le mûrissement et ce qui mûrit avant les autres est donc... « praecox » (précoce).
Or, une variété d'abricots précoces portait le nom de « praecoquus » que les Arabes appelèrent « al barqouq ». Ils plantèrent en Espagne des abricotiers, dont les fruits furent appelés « albaricoque » par les Espagnols et « abricot » en français.
Notons au passage que le sexe de la femme, par similitude d’aspect à ce fruit (rond à la chair ferme orangée et très parfumée) était appelé « fruit défendu », mais également fendu.
« Abricot fendu » est une expression employée au 18e siècle et tombée aujourd’hui en désuétude, servant à désigner de manière vulgaire le sexe féminin.