Vers l'an 400, des explorateurs polynésiens lancés sur le Pacifique découvrent à l'est une île paradisiaque. Elle est couverte de forêts, de millions d'oiseaux et de rats comestibles. Des poissons et des dauphins grouillent dans les eaux. Les Polynésiens s'installent.
An 800. La population atteint 20 000 habitants. Les arbres se raréfient : on les coupe pour fabriquer des maisons, des statues et des pirogues pour la pèche aux dauphins.
An 1200. Les oiseaux et les rats à leur tour se raréfient. On continue à couper les arbres : pour haler les statues de pierre géantes, il faut des milliers de rondins.
An 1400. L'île est chauve. Plus un arbre. Donc plus de pirogues, donc plus de pêche. L'érosion lamine les sols. La population diminue.
An 1500. Dans un suprême effort, les îliens élèvent la dernière statue. 700 monolithes gisent inachevés. On rôtit le dernier albatros sur le dernier buisson. Puis ils deviennent cannibales.
An 1722. Le navigateur hollandais Roggeveen découvre l'île, le matin de Pâques. Il la baptise île de Pâques. C'est un caillou. Pas un arbre, pas un oiseau. Des herbes folles, quelques poules. Et 2 000 indigènes dépressifs.
Ils n'ont plus de bois depuis longtemps et pèlent de froid. Impossible de construire une pirogue pour s'échapper. Scotchés sur leur île comme l'humanité sur la Terre.
L'île de Pâques est particulièrement connue pour ses moaïs (des statues imposantes à la tête caractéristique). On peut avoir l'impression d'après certaines photographies qu'il s'agit seulement de têtes taillées dans la roche, mais il s'agit en réalité de véritables statues enterrées avec corps, mains et inscriptions, dont seule la tête dépasse au sol.