Biologiquement, soulignent certains savants, l'inceste n'est pas contre nature puisque les animaux n'y répugnent pas, sauf le porc (pas si cochon que ça...).

Les historiens rappellent que les fils de nos premiers aïeux, Adam et Eve, durent choisir leur compagne parmi leurs sœurs (Caïn eut un fils de sa sœur Hénoch). Et, pendant des millénaires, la civilisation égyptienne admit, reconnut, officialisa l'inceste père-fille, frère-sœur, mère-fils...

Pourtant, toutes les sociétés, toutes les religions, même les plus primitives, ont fait de l'inceste un interdit absolu (s'étendant même parfois à des liens de parenté très éloignés) pour éviter les risques inhérents à la consanguinité (transmission de tares ou de maladies héréditaires).

Mais, à une époque où mourir sans descendants était impensable, la Bible n'y regardait pas de si près.

Loth, neveu d'Abraham, riche éleveur établi à Sodome (au sud de la mer Morte), fut averti par un ange que la ville allait être détruite en punition des dépravations sexuelles qui s'y commettaient.

Loth partit aussitôt avec ses deux filles et sa femme, mais, en cours de route, il dut abandonner cette dernière, fortuitement transformée en statue de sel (une histoire salée !), donc intransportable !

Il se réfugia dans une caverne avec ses filles.

Laissons parler l'aînée, s'adressant à la cadette :

« Notre père est vieux et il n'y a pas d'homme dans le pays pour venir à nous. Allons ! Faisons boire du vin à notre père et nous coucherons avec lui pour donner vie à une descendance issue de notre père. Elles lui firent boire du vin cette nuit-là et l'aînée vint coucher avec son père, qui n'eut conscience ni de son coucher ni de son lever. (Genèse, XIX, 31)

La cadette en fit autant la nuit suivante. Ainsi les filles de Loth donnèrent-elles naissance à Moab et à Ammon.

Ce thème est repris par le Talmud, qui en fait l'une des deux énigmes que la reine de Saba proposa à la sagesse de Salomon :

« Quelle femme pourrait dire à son fils : Ton père est mon père, ton grand-père est mon époux, tu es mon fils et je suis ta sœur ? »