Chaque jour, il se vend de l'espoir par les tonnes de tickets, de billets, de contremarques des jeux de hasard, des loteries et des courses de chevaux.
L'article 410 du Code pénal stipule que les jeux d'argent et de hasard sont interdits en France. Mais il y a eu des lois dérogatoires !
Pour la seule année 1993, le Pari mutuel urbain (PMU) a recueilli 37 milliards de francs et la Française des jeux, chargée des loteries nationales, a collecté plus de 32,5 milliards de francs, le total représentant plus de 190 millions par jour.
L'état prélève 17,70 % des enjeux sur les courses de chevaux, 30 % sur le Loto, 32 % sur le Loto sportif, 25 % pour le Keno, 22 % pour le Millionnaire, le Poker, le Black Jack et le Bingo, 17,50 % pour le Banco et 40 % pour le Tac o Tac.
Le PMU prélève plus de 10 % des enjeux, et la Française des jeux environ 17 % sur les gains.
Le vrai gagnant est donc l'État, qui soustrait ses milliards avant les épreuves.
Quant aux joueurs, leurs satisfactions sont de deux sortes. L'une, aléatoire, est représentée par les gains qui dépendent du hasard. L'autre, certaine, c'est la reconnaissance de l’état pour cette contribution volontaire au budget.
La Française des jeux fut créée par des associations de victimes de guerre et de calamités agricoles, qui lancèrent une souscription nationale assortie d'une tombola en 1933, baptisée alors la Loterie nationale. Il reste d'ailleurs une trace de cet historique : l’Union des blessés de la face et de la tête (Gueules cassées) est aujourd'hui encore actionnaire à près de 10% de la Française des jeux.