SYMBOLIQUE
Thémis, la déesse de la Justice dans la mythologie grecque, tenait l'épée du jugement dans une main et le plateau servant à peser les arguments dans l'autre.
On la représentait les yeux bandés pour signifier qu'elle se contentait d'écouter les faits, sans tenir compte de l'apparence ou du statut de la personne jugée, restant neutre et objective.
C’est pourquoi aujourd’hui, symboliquement la justice est représentée les yeux bandés tenant d’une main un plateau et de l’autre une épée.
AVOCAT
Le mot nous vient du latin « ad auxilium advocati », à savoir, chez les Romains, les témoins ou les conseillers appelés par chacune des parties lors d'un procès pour assister l'orateur chargé de la cause à défendre.
Avec le temps, tout orateur défendant une cause fut nommé « advocatus » de « ad vocare » (qui parle au nom d'un autre !).
Ils se regroupèrent en une confrérie, qui fut rebaptisée « ordre » sous l'empereur justinien.
BARREAU
Au Moyen Age, les avocats occupaient les bancs ou « barreaux » situés de chaque coté du guichet du parquet, derrière la barre qui fermait celui-ci.
Sur le premier s'installaient les procureurs du roi et les avocats plaidants, le second était destiné aux jeunes avocats assistants.
Les avocats se tenaient derrière la « barre » qui fermait le parquet. Ils s'agrippaient au barreau pour plaider, d'où le terme « avocat au barreau de... » ou le traditionnel « à la barre », qui nous est resté.
CHANCELIER – GARDE DES SCEAUX
Le titre dérive du latin « cancellarius » (huissier, scribe, greffier d’un tribunal).
Les notaires et les greffiers romains exerçaient dans une pièce fermée par des grilles.
L'art de ces secrétaires ou notaires royaux était celui de « cancellarius » et la charge le « cancellariat ».
Le chancelier disposait des sceaux royaux et les gardait, avait toute la confiance du roi et administrait la justice en son nom.
Au Moyen Age, tous les actes officiels comportaient un sceau de cire.
Le grand sceau, pour les actes les plus importants, et le sceau privé pour les actes courants.
Pour éviter toute contrefaçon, la garde de ces sceaux était confiée au chancelier.
Mais cet officier était révocable à souhait, pouvait également être malade, absent de la cour, et ainsi un nouveau poste fut créé par le roi Philippe Auguste au début du 13e siècle, celui de garde des Sceaux, charge qui durait le temps de l'absence du chancelier mais cessait dès le retour de celui-ci.
A partir du 16e siècle, les laïcs prirent le pas sur les ecclésiastiques nommés à ces postes, les facultés de droit formant des hommes séculiers compétents en droit et capables de diriger la justice.
C'est Henri 2 qui, en 1551, créa l' « Office de garde des Sceaux de France », charge qui conduisit progressivement à sa fusion des deux titres ; garde des Sceaux et chancelier.
Puisque nous en sommes aux sceaux, parlons de la « bulle papale », expression bien poétique qui laisserait à penser que le pape fait des bulles. En fait, le terme s'applique ordinairement à certains actes pontificaux marqués d'un sceau en plomb appelé « bulla ».
BATONNIER
Comme c'était la coutume à l'époque, vers le milieu du 14e siècle, les avocats et les procureurs du Parlement de Paris avaient formé une confrérie placée sous le patronage d'un saint, en l'occurrence saint Nicolas.
A l'instar d'autres professions, ladite confrérie possédait un bâton surmonté de l'effigie du saint, en métal, en bois doré ou en terre cuite, confié au doyen de la confrérie. Ce bâton étant lourd, on choisissait comme « bâtonnier » un avocat expérimenté et robuste, chargé à la fois, de porter le bâton et de défendre les intérêts de la profession.
MAIN LEVÉE
Lorsque le roi écoutait les plaignants ou les requêtes, il le faisait en tenant dans la main le sceptre de Justice : une main en ivoire, à 3 doigts levés, qui symbolisait le pouvoir royal de justice - le pouce (le roi), l’index (la raison et l’équité), et le majeur (la charité).
Puis, selon qu'il levait ou baissait cette main, il accédait ou non à la requête, la « main levée » étant signe de libéralité ou d'accord.
Une mainlevée, dans le droit de la République, est un acte juridique qui suspend une action ou donne une immunité.