La luxure n'avait, au 12e siècle, que le sens « luxuria » (surabondance, somptuosité, goût du faste, luxe).

Mais, au cours des siècles, « luxe » et « luxure » ont divorcé, au point où l'on peut désormais dire « cet homme luxurieux habitait un appartement luxueux... »

La luxure, l'un des sept péchés capitaux, objet du Sixième Commandement, peut se définir par « recherche sans frein des plaisirs sexuels, vice de celui qui se laisse mener par sa sexualité ».

C'est dire que ce manquement à la loi divine s'est attiré les foudres des autorités ecclésiastiques, « La luxure est pire que le vol et mérite l'enfer ! ».

D'ailleurs, un autre connaisseur, monseigneur Claret (confesseur de la reine d'Espagne Isabelle 2), signale, dans La clé d'or (1860), qu'il ne trouve rien de réjouissant dans la luxure :

« Ce n'est pas chose si délicieuse, comme le démon voudrait le faire accroire, car après un moment de jouissance qui passe avec la rapidité de l'éclair, on ressent une grande tristesse « omne animal post coïtum tristatum » (tout animal est triste après le coït) !

On sait que Yahvé dicta sa loi à Moïse sur le Sinaï, résumée en DIX points, ou DIX Commandements.

Or, le préambule ne comportait que NEUF commandements, le dernier énonçant : « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme, ni son serviteur, ni son bœuf... »

Pour trier parmi ces « convoitises », par exemple dans le cas où le prochain convoiterait plutôt le bœuf ou la maison que la femme, on sépara, le Neuvième Commandement visant la femme et le Dixième, la maison ou les champs.

De nos jours, deux commandements sur dix concernent le sexe :

  • Le 6e : « Tu ne feras pas d'impuretés » (Tu ne commettras pas l'adultère)
  • Le 9e : « Tu n'auras pas de désirs impurs volontaires » (Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain).