De « pan » (tout) et « Oraô » (je vois)

Spectacle total.

PANTALON

Parmi les nombreux personnages de la comédie italienne, il en est un qui ne peut nous laisser indifférent, car les hommes, depuis le 17e siècle, lui doivent une partie indispensable de leur habillement.

Ce personnage originaire de Venise jouait le rôle d’un vieillard avare et débauché.

Probablement en raison du culte rendu, à Venise, à Saint-Pantalone (Saint-Pantaléon), notre personnage rendit ainsi son nom et son image familiers ; or, il portait une longue culotte…

Ainsi, cet habit qui au début était tout d’une pièce depuis la tête jusqu’aux pieds permettait, vers 1550, de dire qu’on « était vestu en Pantalon ».

Puis vers 1650 ce fut un haut-de-chausses étroit tenant avec les bas pour, peu à peu, devenir l’élément vestimentaire que nous connaissons aujourd’hui.

Un texte établi le 7 novembre 1800 mentionne que les femmes n'ont pas le droit de porter de pantalon et tout autre vêtement d'hommes sans en demander au préalable l'autorisation.

Nous devons cette ordonnance au Préfet de police Dubois en lutte contre les travestis et dont voici un extrait de sa prose :

« Toute femme désirant s'habiller en homme devra se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation. Cette autorisation ne sera donnée que sur le certificat d'un officier de santé, dont la signature sera dûment légalisée. Toute femme qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents sera arrêtée et conduite à la préfecture de police ».

A l'époque, des permissions ont toutefois été accordées pour raisons médicales et pour les femmes souffrant d'hypertrichose (femmes à barbe) qui dérangent moins, habillées en homme.