Durant des siècles, la pomme de terre a été ignorée en France !
Et si, dans les années 1530, les navigateurs espagnols en ramènent à bord de leurs navires, c'est uniquement pour se nourrir pendant la traversée !
Pourtant, à son arrivée sur le Vieux Continent, la pomme de terre ne tarde pas à faire des émules... En Espagne d'abord, puis en Italie.
Sa popularité progresse ensuite vers le nord de l’Europe, jusqu'à la Suisse... mais en évitant la France !
Au milieu du 18e siècle, notre pays ignore encore largement le goût de ce féculent, au contraire du reste de l'Europe, déjà conquise.
Le tubercule a pourtant toutes les qualités : facile à cultiver et nourrissant, il se conserve très bien. C'est le remède idéal contre la disette, mais les Français restent méfiants : ils considèrent que les patates ne sont bonnes que pour poules et cochons !
On pense à l'époque qu’une « pomme » qui pousse au plus profond de la terre ne peut être que le fruit du diable. Certains prétendent même que la pomme de terre donnerait la lèpre.
Heureusement, cette opinion change avec l'arrivée d’Antoine Parmentier !
Apothicaire dars l’armée, le jeune homme est fait prisonnier à plusieurs reprises par les Prussiens, auprès desquels il découvre... la bouillie de pommes de terre !
Intrigué par ce nouvel aliment, le pharmacien militaire comprend vite le parti qu'on peut en tirer. Mais il lui faut encore batailler pour convaincre ses compatriotes !
À la suite des famines de 1769 et 1770, Parmentier rédige plusieurs mémoires pour défendre avec véhémence les vertus de la pomme de terre !
À Paris, il en fait pousser sur un terrain militaire réputé incultivable. À Versailles, il offre même une fleur de pomme de terre à la reine Marie-Antoinette ! Finalement, cette campagne a raison des réticences du peuple, et la pomme de terre est adoptée en France. La voie était libre pour inventer une autre passion française : les frites