Si les « sapientae matronae » (matrones de la sagesse) sont devenues « sages-femmes », femmes savantes, ventrières, c'est en raison de la pudeur commune au médecin et à sa patiente pour tout ce qui touchait sa région génitale.
Il y eut donc très rapidement répartition des tâches entre le médecin et la sage-femme, qui seule pouvait poser la main sur le ventre de la patiente et procéder à toutes autres manipulations.
Le célèbre Avicenne avait d'ailleurs recours à la « sage-femme » pour les accouchements, et lui apprenait des actes chirurgicaux. Il désignait l'instrument à introduire dans la matrice et il lui arrivait même de le mettre en place, mais c'est la sage-femme qui poursuivait, sous sa surveillance.
L'éducation sexuelle des jeunes filles relevait également des ventrières, car il eut été indécent de faire appel à un médecin en ce domaine.
La sage-femme est donc une auxiliaire savante du médecin en gynécologie et obstétrique.
Le métier de sage-femme, qui consiste à accompagner les femmes enceintes tout au long de leur grossesse et de leur accouchement, peut très bien être exercé par un homme. Dans ce cas, on peut tout à fait dire « un sage-femme ».
En effet, le mot « femme » ne désigne pas le soignant, mais la patiente.
On parle de « sagesse de la femme » autrement dit le ou la sage-femme est celui ou celle qui « connaît » la femme.