Avoir une entière liberté d'action.
Lorsque l'on se lance dans une entreprise, on aime bien « avoir les coudées franches », ne pas rencontrer d'entraves ou de contraintes, se sentir en toute liberté d’agir.
Dans cette expression, on reconnaît le mot « coude », mais on ne voit pas le rapport entre le coude et la « franchise » ou un sentiment de liberté.
La « coudée » est une unité de mesure dont usaient les Anciens nous dit Furetière, et qui correspondait à la longueur ordinaire du bras de l'homme depuis le coude jusqu'au bout de la main.
Sur le même modèle existaient, et existent encore en Grande-Bretagne, des unités comme le pouce ou le pied. La « coudée » valait en moyenne un pied et demi, avoisinant cinquante centimètres.
Pris dans un sens plus large, « coudée » désigne l'espace nécessaire pour se mouvoir sans être gêné.
« Avoir les coudées franches », c'est, littéralement, pouvoir bouger les coudes sans rencontrer d'obstacle.
Au 17e siècle, on le dit surtout des libertés qu'on prend à table, quand on a les coudes sur la table, et qu'on est assis au large.
Qu’il est agréable de prendre ses aises et de lever le coude sans heurter son voisin de table !
On peut aussi penser au geste spontané qui consiste à remuer les épaules et plier les coudes lorsque l'on essaye un vêtement, pour vérifier son aisance.
« Avoir les coudées franches », c'est ne pas avoir à composer avec une restriction ou une limite.