Avoir de la rancune, du ressentiment, des griefs envers quelqu'un. En vouloir à quelqu'un.

Le rancunier est souvent quelqu'un d'amer. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s'il ne s'agirait pas ici des dents de l'amer ?

Quoi qu'il en soit, une maman digne de ce nom ne peut avoir de ressentiment grave envers son enfant, quand bien même serait-elle maire et amère. On éliminera donc sans regrets les dents de l'amère mère maire.

Il faut remonter au 14e siècle pour trouver les premiers usages de cette expression où on disait plutôt « avoir la dent (les dents) à (sur) quelqu'un ».

Lorsque, dans cette ancienne forme de l'expression, on remplaçait la personne par une chose, la locution signifiait alors « être passionné par », « convoiter ardemment » ou « s'acharner sur ».

Mais pourquoi une dent ?

Pour le comprendre, il suffit de savoir qu'à partir du 14e siècle, le mot « dent », au sens figuré, exprimait l'agressivité ou la malveillance.

On en imagine aisément la raison : non seulement la dent est à la fois un symbole de dureté et de morsure, mais l'animal qui « montre ses dents » a un comportement agressif. Ne disait-on point, d'ailleurs « ne faire apparaître aucune dent » pour « ne montrer aucune agressivité » ?

A la même époque, « une dent de lait » était une rancune, une animosité de longue date. C'est pourquoi, un peu plus tard, on retrouve chez Molière, dans « Le bourgeois gentilhomme », l'expression « avoir une dent de lait contre quelqu'un ».