Au figuré, cette dent-là est manifestement une canine, peut-être qui a déjà mordu, déchiré à belles dents.
Une dent, qui prend sa part dans la bataille pour le pain ou dans toute espèce de joute âpre. On a vu, à propos de crever la bouche ouverte, le rôle de la dent lorsque la faim tenaille.
On dit d’un critique qu'il a la dent dure ce qui n'indique pas qu'il soit injuste, mais plutôt qu'il est difficile à contenter. Il est mordant, incisif, c'est-à-dire coupant, comme les dents qui se trouvent situées entre les canines.
Au contraire, mais au sens propre, selon Furetière : « On dit qu'on a les dents molles, lorsqu'elles ne sont pas avec leur fermeté ordinaire, et lorsqu'elles sont agacées par quelque acidité. »
La dent est encore une métaphore de la rancune et ce, dans la langue, depuis le 16e siècle : avoir une vieille dent contre quelqu'un. Elle peut être tellement vieille que, dans le Malade imaginaire (acte III, scène 3), elle remonte à la petite enfance :
Argan : « C’est que vous avez, mon frère, une dent de lait contre lui ».
Si j’ai ou si je garde une dent contre vous, ce n’est pas une dent molle ou gâtée, mais une dent neuve et prête à mordre, de la même façon que pourrait le faire le « chien de ma chienne » que je vous garde aussi.
Alors, ma dent, c'est une canine ?