Subir une humiliation complète. Supporter une épreuve pénible jusqu'à son terme.

Ceux qui boivent du vin (avec modération, bien sûr), savent qu'au fond des bouteilles, on peut trouver un dépôt spécifique des boissons fermentées, la lie.

Si une bouteille est bue jusqu'à la lie, c'est donc qu'elle a été complètement vidée.

Ceux qui aiment passer une partie de leur dimanche matin à l'église, savent que le calice est cette coupe, ce récipient dans lequel le curé verse le vin de messe qu'il se fait ensuite un devoir de consommer intégralement ; donc jusqu'à la lie, si jamais il en a versé un peu avec le précieux liquide.

Mais pourquoi cette notion de souffrance ou d'humiliation ?

Dans la langue de l'Église, le mot « calice » (qui vient du latin « calix » (une coupe, un vase à boire) désignait la « Passion ou le sang du Christ ».

La métaphore du « calice », issue de la Bible, est reprise par Jésus à propos de la « coupe de souffrances » qu’il va devoir boire jusqu’à la dernière goutte : « Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi ! » (Matthieu, XXVI, 39).

Au milieu du 17e siècle, par extension, le calice désignait une épreuve cruelle. Et de là est née l'expression à la fin du même siècle.