Ca n'a rien d'extraordinaire, de remarquable

Cette expression récente utilise le verbe « casser » au sens de « avoir un effet retentissant ».

Ne pas casser les trois pattes d'un canard, c'est donc être comme tout le monde ou d'une extrême banalité.

Le détail ne vous aura sûrement pas échappé : un canard, ça a deux pattes. Sauf s’il vient de Tchernobyl bien sûr. Pourtant quand on estime qu’une chose n’a pas grand intérêt, ou est carrément d’une banalité affligeante, on dit parfois que « ça ne casse pas trois pattes à un canard ». Pas la peine de chercher trop loin : trouver un volatile à trois pattes relève de l’exploit, et même du fantastique, donc tout le reste est par conséquent ordinaire. On aurait très bien pu dire « casser deux queues à un chien » ou « cinq cous à une girafe ».

Pourquoi « casser », un « canard » et le chiffre « 3 » ? Mystère…

Le canard n’est pas celui qu’on croit

Sauf que ce canard-là est en fait une déformation de « cagnard » (qui désignait autrefois un cheval). Comme à l’époque on ne savait pas soigner un cheval qui se brisait une patte, on était obligé de l’abattre. Tout ce qui pouvait casser une patte (alors imaginez trois) à un cagnard était logiquement très redouté.

Le palmipède n’a donc rien à voir là-dedans.

Et même si vous trouvez que l’explication « ne casse pas des briques », pas la peine de nous voler dans les plumes. Coin, coin…

Le petit bonus : vous pouvez aussi casser trois pattes à un canard boiteux, mais là c’est vraiment lâche…