Repousser un évènement ou quelque chose à faire, pour une date indéterminée, qui n'existe pas.

Le « calendrier » qui, avant de nommer le système de division du temps, fut un simple livre de dates futures à mémoriser : rendez-vous, délais à ne pas dépasser, obligations fixées...

Ce calendrier des Romains, le « calendarium », était calé sur les « calendæ », (les calendes). Celles-ci désignaient le premier jour de chaque mois, jour d'échéances des dettes dans l'Antiquité latine. On dira en français le « terme », mais on le place à la fin du mois ou du trimestre. C'était à Rome, et « calendes », en français, sous- entendait « romaines ».

Or, au 16e siècle, on se mit au grec avec passion et les ignorants mélangèrent quelque peu les références romaines et grecques. Parler de calendes grecques, confusion grossière, revenait à confondre Rome et Athènes. Et puisqu'il n'avait jamais été question de calendes au pays de Socrate, les « calendes grecques » devinrent une expression d'érudits se moquant de l'ignorance commune, et signifia « jamais ».

C'est pourquoi il vaut mieux ne pas omettre l'adjectif « grec » quand on veut enterrer un projet, car le remettre aux calendes, si elles étaient normalement romaines, ce serait en fixer la date au premier jour du mois suivant.

Dans notre calendrier, mieux vaut repousser « à la Saint-Glinglin » ou « à la semaine des quatre jeudis » !