Être difficile à digérer ; Être difficile à accepter, assimiler :
Tout le monde connaît, pour l'avoir expérimenté, le sens propre de cette expression ;
Après des libations trop copieuses ou après avoir avalé des mets un tantinet avariés, la digestion est très difficile et les sensations ressenties à hauteur de l'estomac sont désagréables.
La nourriture ou la boisson donne l'impression de « rester sur l'estomac » au lieu de, emportée par la gravité et les mécanismes digestifs usuels, suivre son chemin normal vers une inexorable expulsion, le « sur » accentuant l'idée de poids gênant au lieu d'un « dans » plus naturel (d'ailleurs, il existe aussi la version peser sur l'estomac).
C'est depuis le début du 19e siècle qu'on trouve cette expression dans son sens premier, la forme avec « peser », devenue un peu plus rare, datant elle du milieu du siècle précédent.
Mais, au figuré et depuis le 17e siècle, ou dit aussi qu'on « digère » mal une déconvenue ou une mauvaise nouvelle lorsque celle-ci a autant de mal à être acceptée ou à « passer » que les aliments avariés ou en excès à passer vers les intestins.
Voilà comment, à partir d'une sensation physiologique désagréable, la signification initiale de l'expression est passée métaphoriquement à un sentiment pénible ; sans oublier qu'au 15e siècle, par extension, le mot « estomac » désignait aussi le « cœur » supposé être le siège des sentiments (ne dit-on pas qu'on est « écoeuré », lorsqu'on a envie de vomir ?).