C’est la formule consacrée pour signifier une demande de mariage.
On en a fait aujourd’hui une scène très romantique : décor d’un dîner aux chandelles où l’amoureux, un genou en terre comme le chevalier d’autrefois devant sa dame, fait sa demande en présentant à la jeune fille un écrin entrouvert sur une bague jetant ses mille feux...
Et il n’est pas exclu aujourd’hui que la scène en question se déroule à l’instigation de la jeune femme.
Tout cela eût bien sûr paru invraisemblable à nos ancêtres, pour qui la demande en mariage constituait une démarche de nature légale.
En effet, nous en avons hérité du droit romain, où la « main » incarne le pouvoir, la puissance. Au pouvoir de son père depuis sa naissance, la femme, en se mariant, passe « in manum » entre les mains de son mari. De là vient que le prétendant demandait sa main à son père, qui la lui accordait ou la lui refusait, après un examen en bonne et due forme de la situation sociale et économique du futur.
« Donner la main à quelqu’un », qui exprime ce consentement, s’est employé à partir de 1629 pour signifier épouser.