Il existait, en matière de tonte, deux types de laine : la bonne, qui procédait de la tonte « en orange » (d'une seule coupe), et la mauvaise, qui était en fait due a l'arrachage des restes de laine sur la bête morte.

Il en allait de même pour le coton, il y avait le bon et le mauvais coton. De la qualité de la matière première dépendaient la résistance et la pureté du fil.

Ainsi, le beau fil était destiné à tisser le drap de luxe, le mauvais (cassant, avec présence de nodosités) étant relégué à l'habillement bon marché. A l'usure, aux frottements, le fil « jetait son coton », formant des bouloches ou une espèce de bourre.

Par extension, on disait d'une personne diminuée par la maladie, contre laquelle toute médecine semblait vaine, qu'elle « jetait son coton » ou « jetait un vilain coton ».

L'expression aboutit à sa forme actuelle, « filer un mauvais coton », au 19e siècle, et s'étendit par analogie a tout homme dont la santé, les fréquentations ou les affaires prenaient mauvaise tournure.