S'attaquer à une difficulté avec détermination
Comme vous le savez certainement, le taureau est un animal qui pèse plusieurs centaines de kilos.
Alors, si après avoir été pris d'une soudaine envie de batifoler avec votre moitié dans un pré, vous vous trouvez nez à nez avec un taureau belliqueux qui vous fonce dessus, il ne vous viendrait certainement pas à l'esprit de rester face à lui, d'attendre qu'il arrive juste sous votre nez avec l'intention, d'un gracieux mouvement, de le saisir par les cornes pour l'envoyer valser au loin.
Une telle attitude ne serait pas du courage, mais de l'inconscience totale, vu l'infinitésimal pourcentage de chances de réussite de la manœuvre.
Non, dans une telle situation, la seule chose sensée à faire, est de dire à votre moitié de courir très vite dans une direction, de jeter votre parka rouge sur son dos juste avant qu'elle s'élance, et de courir tout aussi vite dans une autre direction, de préférence après avoir remonté votre pantalon.
(Bon, blague à part, rappelons quand même que non seulement, le taureau ne voit pas les couleurs, mais en plus sa vision n'est pas nette, alors parka rouge ou noir, peu importe ! C'est le mouvement qui l'attire : il y a autant de chances qu'il se mette à poursuivre l'un que l'autre).
Mais malgré la masse de l'animal, il existe toutefois des formes de combat ou de spectacle où des individus s'amusent, en approchant un tel animal par le côté, à lui saisir les cornes et, en s'y agrippant et en forçant sur sa tête, à le faire se coucher à terre.
Noberto Caimo raconte ainsi son voyage en Espagne en 1755 : « J'y ai surtout admiré certains traits singuliers d'un courage et d'une intrépidité extraordinaire, comme de saisir adroitement le taureau par les cornes et de le renverser par terre ».
Mais qu'on ne s'y trompe pas, une telle action n'est pas donnée à tout le monde et arriver à un tel but sans être blessé, voire éventré et tué, est d'une grande difficulté.
C'est cette action que métaphorise notre expression, car il faut effectivement beaucoup de détermination pour s'attaquer de front à un tel obstacle.
L'expression est apparue d’abord sous la forme « attaquer le taureau par les cornes.