Sur le lieu du travail.
« Sur le tas » se dit de pratiques qui s'ajustent à une situation concrète de travail plus qu'elles ne répondent à des protocoles.
L'expression s'applique en particulier à l'apprentissage d'un métier au contact des professionnels.
Faut-il comprendre que ces contacts se multipliant, ils ne finissent pas former ce tas qu'on appelle communément l'expérience ? Pas exactement.
L'origine du mot « tas » n'est pas certaine. Considéré parfois comme un emprunt au mot néerlandais désignant un amas de blé, ce mot est aussi rapproché de la famille du latin « stare » (se tenir debout, immobile).
Depuis son apparition, le mot « tas » évoque l'amas, l'accumulation, évoluant vers l'idée de grande quantité (des tas : beaucoup).
À la Renaissance, le mot est passé dans le vocabulaire de la construction. Le terme « tas de charge » renvoie à la masse de pierre sur laquelle prend appui l'arc d'une voûte.
Toujours en architecture, « tas » a aussi servi à désigner la masse d'un ouvrage de pierre en construction, et, de là, le chantier sur place.
Dans ce contexte, la taille qui s'effectue « sur le tas », et non pas dans l'atelier, se fait à l'endroit même où les pierres vont servir à édifier les murs.
L'expression s'est appliquée à tout type de travail, et l’apprentissage, la formation « sur le tas » se font de manière improvisée, par observation et expérimentation.
« Sur le tas » évoque dès lors le lieu du travail, quel qu'il soit, ce qui explique la fortune de l'expression en argot, où l'on peut « mettre une fille sur le tas », en l'occurrence sur le trottoir, ou se faire prendre « sur le tas », c'est-à-dire en flagrant délit.
S'il est vrai que c'est en forgeant qu'on devient forgeron, les travailleurs ont appris qu'il est parfois efficace, pour obtenir son dû, de faire « grève sur le tas ! »