D’ailleurs, en fonction des traductions possibles, les textes évoquent la poussière, la terre ou l’argile (adamah en hébreu) dont est fabriqué le premier humain. Le nom qui lui est donné, Adam, c’est-à-dire « le terreux », « le poussiéreux », s’y réfère directement.
Quant à la cendre, elle a précisément la propriété d’évoquer la poussière primordiale. Mais pourquoi donc?
Pourquoi se barbouiller le front ou la tête avec de la cendre ?
« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».
Tout en rappelant la fragilité des origines, l’image s’est élargie et en est venu à suggérer tantôt le deuil, tantôt la représentation du péché tout comme celle du repentir.
Ainsi le geste de se couvrir de cendre est riche de plusieurs sens. D’ailleurs, dans la tradition chrétienne on fait allusion aux cendres en employant le pluriel. Inspiré des Écritures, il traduit le désir de se montrer devant Dieu à la fois, fragile, comme aux origines du monde et pécheur, les deux attitudes conduisant tout naturellement à implorer la miséricorde du Seigneur.
Se couvrir de cendres est un usage largement attesté dès le premier Testament.
Ainsi dans le chapitre 7 du livre de Josué (Jos7, 6), on voit le successeur de Moïse et les anciens d’Israël qui se couvrent la tête de cendres.
Dans le livre Ezèkiel, au chapitre 27, à la fin de la complainte du Seigneur sur les ruines de Tyr, les équipages de la flotte brisée se couvrent la tête de poussière et se roulent dans la cendre.